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Vue extérieure de la chapelle

L’élévation occidentale et son clocher “cornouaillais”

La façade occidentale flanquée de contreforts biais, s’anime de deux autres droits qui encadrent une porte sans ornement autre qu’une mouluration à double cavet soulignant les pieds-droits et l’arc en anse de panier. Vers le milieu de l’élévation de la façade, un ange tient un écu au contour tourmenté, une caractéristique qui l’apparente à l’héraldique germanique. S’y devine le chêne englanté des Du Plessis, que l’on reverra à l’intérieur de manière plus claire.
Sur le rampant du pignon nord grimpe un escalier de vingt-et-une marches qui permettent d’accéder à la cloche, dont nous n’avons su relever les inscriptions. Le clocher légèrement penché est du type cornouaillais le plus simple qui soit. Souche carrée, corniche, chambre haute couronnée de gâbles flanqués de pinacles et flèche octogonale aux arêtes garnies de crochets.

Un chevet plat à trois baies

Bien plus que la façade qui arrête peu les regards, s’impose le chevet, offert d’emblée, comme on l’a dit, au regard de qui monte à Trémalo. Chevet rêvé de la “chapelle bretonne” type, c’est lui que magnifient depuis des décennies, les artistes, qu’ils soient peintres ou photographes.
Alors que déjà presqu’un siècle auparavant s’est introduit, dans le pays du Trégor, le chevet à pans coupés, le nôtre s’inscrit, quelque peu archaïque, dans la tradition gothique des chevets droits. Le grand pignon triangulaire se renforce, comme la façade de contreforts au milieu et aux angles. Chacun porte les assises destinées à recevoir des pinacles dont on ne saura s’ils ont disparu au cours des âges, ou s’ils n’ont jamais été construits. L’interrogation sur de tels inachèvements, se pose devant d’autres monuments anciens, que ce soit à Guimiliau, à Sizun ou à Tréflévénez pour n’en citer que trois.
L’observateur attentif notera le décalage léger de l’axe de la baie par rapport au fleuron terminal . Loin d’être un manque de rigueur dans le savoir faire des ouvriers, c’est une manière de rendre les choses “solubles dans l’air”. On évite ainsi le tracé rigoureusement géométrique qui dessèche l’ oeuvre en figeant l’oeil. L’exemple de telles “irrégularités” donné par l’antique Parthénon est célèbre.
Deux séries de sept crochets à ornement végétal, dont certains sont brisés, ponctuent les pentes du chevet dont les retombées s’appuient sur des crossettes. Simple au nord, celle du sud s’anime du lion qui tient l’écu du Plessis, contours tourmentés comme celui de la façade.
Des trois baies flamboyantes du chevet, celle de gauche a été murée suite à l’installation du retable de sainte Anne. La grande baie centrale se compose de trois lancettes et d’un réseau à six lobes, deux soufflets et quatre mouchettes. Le contour lisse de chacune de ces divisions témoigne de la simplification des lignes qui supprime les dents que garde encore une baie plus ancienne ouverte dans le mur sud de la chapelle.

Une élévation méridionale accueillante

Sous la pente du toit de ce côté, s’ouvrent deux portes. La petite en anse de panier est fort simple. La grande, pieds droits unis, en anse de panier elle aussi, a le fronton surmonté d’une accolade à feuilles de vigne et des pinacles latéraux posés sur de charmants culots animés de masques humains fort bien sculptés. L’ inscription de 1550 qui règne de chaque côté de la pointe de son accolade a été étudiée plus haut.
En plus du fenestron carré qui éclaire la sacristie et de la petite fenêtre en arc brisé qui ne dépasse pas le rebord de la toiture, la façade sud comporte deux baies “passantes” ainsi nommées parce qu’elles dépassent la ligne basse de la toiture. Loin d’être de la même époque, la plus ancienne a gardé son remplage d’origine, soufflet et mouchettes garnis de dents qui, on l’a dit, relèvent d’un certain archaïsme. L’autre, établie en 1755, postérieure de plus de deux siècles mérite qu’on s’y attarde car bien documentée, elle permet de saisir la vie de l’édifice.

La fenêtre établie lors de la restauration de 1755

Grâce au document conservé aux Archives du Finistère ( 4 E 191 / 36), publié par Michel Guéguen, dans le “Bulletin de la Société archéologique du Finistère” (1997, p. 154-155), on connaît bien l’histoire de cette seconde fenêtre passante.
En 1755, l’état de la chapelle ne laissant pas de l’émouvoir, Jean-Baptiste Mahé, recteur de Nizon ((1727-1762), s’adresse au menuisier Julien Coantic, ainsi qu’à Julien Rouas et Joseph Daniellou, maîtres couvreurs de la paroisse pour effectuer des réparations qui se révèlent importantes.
Charpente et couverture sont refaites. La façade sud, entre le pignon et “la porte principale estante dans ladite costière”. est relevée “ à neuf et de fond en comble” sur 25 pieds de longueur, soit plus de huit mètres. Dans le mur percé de l’ancien oeil de boeuf qui éclairait chichement l’autel de sainte Anne, on construit la large baie que nous connaissons, dans la manière de l’époque. Elle se distingue par son arc en plein cintre et l’absence de meneaux de pierre. Le recteur avait, en effet, stipulé que pour maintenir le vitrage, il fallait mettre“une barre de fer de haut en bas et deux en travers”.
La même campagne de travaux modifie en outre la vitre d’entre les deux portes du midi, en raccourcissant “ la pointe de l’éguille (le pignon triangulaire) pour la mettre au niveau de la neuve”. Les deux fenêtres pointues de la chapelle de Kergornet à quelques kilomètres donnent une idée du profil que pouvait avoir la “vitre entre les deux portes” avant le remodelage de 1755. La même année, pignon du chevet, mur nord et “pignon-clocher” font l’objet de réparations.
Un tel ensemble de travaux montre combien Trémalo, dont la paroisse avait la charge en ce temps-là, était en triste état . Deux siècles plus tard, en 1957, sans préjuger de ce qui a pu être fait entre temps, intervient la restauration importante entreprise par le vicomte Patrice de la Villemarqué de Cornouaille, sieur du Plessis Nizon (1904-1959). L’allée qui donne accès à la chapelle par le nord porte avec justice le nom de celui à qui Trémalo doit d’avoir son visage d’aujourd’hui.

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